Le registre officiel de la DGFiP affiche 113 plateformes agréées au 3 mai 2026, sur 178 candidates au lancement de la réforme. Toutes ont passé les tests d’interopérabilité avec le Portail Public de Facturation. Toutes sont, sur le papier, autorisées à émettre et recevoir vos factures B2B au 1ᵉʳ septembre 2026. Et pourtant, ranger ces 113 noms dans la même colonne d’un comparatif revient à comparer un compte courant et un fonds de pension parce que les deux gèrent de l’argent.
Un comparateur de plateformes agréées bien construit ne se lit pas en regardant la note globale. Il se lit en isolant deux ou trois critères qui pèsent vraiment dans votre cas, puis en filtrant la liste autour. Le reste est du décor, utile pour rassurer un comité de direction, inutile pour trancher.
Ce tableau et les commentaires qui l’entourent visent un objectif précis. Vous donner les sept ou huit critères qui font basculer un choix de plateforme agréée, puis les croiser avec les profils d’entreprise qui en ressortent gagnants. Pas plus.
La plateforme n°1 chez les sociétés et expert-comptables
Compta, facturation électronique et intégration banque dans un seul outil. Dashboard temps réel pour le dirigeant, immatriculation DGFiP définitive, prête pour l’échéance de septembre 2026.
- Statut DGFiP confirmé
- 1ʳᵉ plateforme côté expert-comptable
- 14 jours d’essai sans CB
113 plateformes agréées DGFiP : ce que dit le registre officiel en mai 2026
La DGFiP a publié sa première liste de 101 plateformes agréées le 16 janvier 2026. Quatre mois plus tard, le registre en compte douze de plus, avec une vingtaine de candidatures encore en instruction. La photo bouge donc tous les mois, et c’est utile à savoir avant de figer un choix.
Une liste qui s’épaissit chaque mois et un effet de rattrapage prévisible
Sur les 178 candidates initiales, 65 environ n’ont pas encore décroché leur immatriculation. Une partie a échoué les tests d’interopérabilité, l’autre a simplement déposé son dossier tardivement. Ce délta va se résorber d’ici l’été, donc tabler aujourd’hui sur une plateforme uniquement parce qu’elle figure sur la liste de mars 2026 est une fausse sécurité. La liste de septembre 2026 sera plus large et probablement plus mature.
L’autre dynamique notable porte sur les usages. Au 16 janvier 2026, près de 500 000 entreprises avaient déjà déclaré une adresse de réception via la plateforme de leur choix, sur environ 10 millions d’assujettis à la TVA. Autrement dit, 95 % du parc reste à équiper en moins de cinq mois. Les éditeurs les mieux notés saturent déjà leurs équipes d’onboarding.
Immatriculation définitive ou sous réserve : la distinction qui change tout
Le registre DGFiP distingue deux statuts. L’immatriculation définitive est délivrée après audit complet, validation des tests en conditions réelles avec l’AIFE et le Service d’Immatriculation, et démonstration de l’interopérabilité Peppol. C’est le statut visé par toutes les plateformes du tableau ci-dessous. L’immatriculation provisoire ou sous réserve, elle, atteste d’un dossier complet mais d’une validation technique encore en cours.
Vérifiez systématiquement le statut « immatriculation définitive » sur la liste officielle DGFiP avant toute signature de contrat, en particulier sur les éditeurs récents ou les nouveaux entrants du marché.
Comment lire un comparatif de plateformes agréées sans se perdre
La plupart des comparatifs publics affichent quinze ou vingt colonnes. C’est trop. À ce niveau de détail, le lecteur perd la hiérarchie et finit par choisir sur le prix d’appel, qui est le pire indicateur possible. Trois principes simplifient la lecture, et ils sont confirmés par notre passage en revue des critères choix plateforme agréée appliqués sur le terrain.
Le statut DGFiP est un prérequis, pas un argument de vente
Toutes les plateformes agréées sont, par définition, conformes à la réforme. Cela ne dit rien sur leur valeur d’usage. Une plateforme avec immatriculation définitive peut très bien proposer une interface datée, un support indisponible le vendredi après-midi et une connexion bancaire qui retombe une fois par semaine. Le statut DGFiP filtre 65 candidats sur 178, il ne classe pas les 113 restants.
Le coût total d’usage écrase le prix d’appel affiché
Le tarif d’abonnement représente entre 60 et 70 % du coût réel sur les douze premiers mois. Le reste se cache dans la formation, la connexion à l’expert-comptable, le paramétrage des flux comptables, l’archivage légal sur 10 ans et les frais de paramétrage initial. Sur une PME de dix collaborateurs, l’écart entre le prix d’appel et le coût total atteint 30 à 60 % selon les configurations.
L’écart entre une plateforme à 0 € et une plateforme à 60 € se mesure rarement aux fonctionnalités. Il se mesure au temps gagné pour un comptable face à un audit.
DAF d’une PME industrielle, mars 2026Le défaut d’émission en format électronique est passé de 15 € à 50 € par facture, plafond inchangé à 15 000 € par an. Le défaut d’e-reporting passe de 250 € à 500 € par transmission. L’absence de désignation d’une plateforme agréée déclenche une mise en demeure, puis 500 €, puis 1 000 € par trimestre supplémentaire.
Les quatre critères vraiment discriminants, les autres sont du décor
Sur le terrain, quatre éléments font basculer 90 % des choix. Le premier, c’est la cible utilisateur de la plateforme : freelance, TPE, PME ou ETI, chaque segment a ses leaders. Le deuxième, c’est l’écosystème déjà en place : compte pro existant, expert-comptable utilisateur d’un outil donné, ERP métier connecté. Le troisième, c’est la capacité multi-entités, native ou non. Le quatrième, c’est la réversibilité, autrement dit la capacité d’exporter ses données dans un format réutilisable. Le reste, formats Factur-X ou UBL, certifications ISO 27001, hébergement souverain, est porté par toutes les plateformes sérieuses.
Tableau comparatif détaillé : tarifs, cibles et certifications des principales PA
Voici les huit plateformes les plus représentatives du marché français, classées par cible principale. Les tarifs sont des prix d’appel publics au 3 mai 2026, hors remises commerciales et hors coûts cachés.
| Plateforme | Statut DGFiP | Tarif d’entrée | Cible principale | Multi-entités | ISO 27001 | Connexion banque | FE-Score |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Indy | Définitive | 0 € jusqu’à 247 K€ HT | Freelance, BNC, libéral | Non | Oui | Native | 9,2 / 10 |
| Pennylane | Définitive | 14 € HT/mois | TPE, PME, expert-compta | Oui | Oui | Native | 9,4 / 10 |
| Sellsy | Définitive | 29 € HT/mois | PME commerciale, CRM | Oui | Oui | API | 9,5 / 10 |
| Tiime | Définitive | 0 € illimité | Freelance, TPE | Non | Oui | Native | 8,9 / 10 |
| Abby | Définitive | 7,20 € HT/mois | Auto-entrepreneur, micro | Non | Oui | Oui | 8,7 / 10 |
| Axonaut | Définitive | 34,99 € HT/mois | TPE/PME, ERP intégré | Oui | Oui | Native | 8,8 / 10 |
| Qonto | Définitive | 9 € HT/mois | Indépendants, TPE | Limité | Oui | Compte intégré | 8,5 / 10 |
| Sage | Définitive | Sur devis (≥ 100 €) | PME industrielle, ETI | Oui | Oui | EDI | 8,3 / 10 |
Première lecture utile : aucune plateforme ne gagne sur tous les critères. Sellsy domine sur la note globale grâce au CRM, mais perd sur la connexion bancaire native. Indy est imbattable en gratuité conditionnelle, mais ne gère pas le multi-entités. Pennylane offre le meilleur compromis si l’expert-comptable est dans la boucle. Le tableau ne hiérarchise pas, il révèle des trade-offs.
Quelle plateforme agréée selon votre profil d’entreprise
Le tableau seul ne suffit pas à trancher. Il faut le projeter sur trois profils dominants qui couvrent à eux seuls plus de 95 % des entreprises françaises concernées par la réforme. Pour aller plus loin, notre sélection de la meilleure plateforme agréée par cas d’usage détaille la matrice complète.
Auto-entrepreneur ou micro-entreprise : viser la gratuité durable
Pour une activité en franchise TVA ou en micro-BIC sous le seuil de 77 700 € HT, la facture mensuelle d’une plateforme agréée doit rester nulle ou symbolique. Tiime et Indy proposent une facturation illimitée gratuite, sans plafond temporel ni limite de volume. Abby va plus loin en intégrant la déclaration URSSAF et le suivi du seuil de franchise pour 7,20 € HT/mois sur le plan Start. À ce niveau, la question n’est pas le prix mais la cohérence avec les déclarations sociales mensuelles ou trimestrielles.
Freelance ou TPE jusqu’à 5 salariés : arbitrer compta intégrée et CRM
Au-dessus de 50 K€ HT de chiffre d’affaires, la facturation seule ne suffit plus. Il faut une comptabilité automatisée, un suivi de TVA, une connexion bancaire fiable et un export propre vers l’expert-comptable. Indy reste le standard sur les BNC et professions libérales jusqu’à 247 K€ HT. Pennylane prend la main dès qu’une société ou un cabinet comptable entre dans le circuit. Tiime Business à 24,99 € HT/mois ajoute la connexion expert-comptable native et le compte pro intégré.
Pour un freelance qui veut une plateforme agréée gratuite à l’entrée et une comptabilité intégrée : Indy reste le rapport conformité/prix le plus net du marché.
Société, PME ou cabinet comptable : viser l’écosystème complet
Au-delà de cinq salariés ou si un cabinet comptable est dans la boucle, le critère décisif devient la collaboration entre le dirigeant et son expert-comptable. Pennylane a construit son positionnement précisément là, avec plus de 200 000 entreprises utilisatrices et une couverture côté cabinet jamais égalée. Sellsy conserve l’avantage si l’équipe commerciale anime un pipeline CRM serré. Sage reste le réflexe des PME industrielles déjà équipées de Sage 50 ou Sage 100, à condition d’accepter une grille tarifaire sur devis qui démarre rarement sous 100 € HT/mois.
Les zones d’ombre qu’aucun tableau comparatif ne montre
Un tableau comparatif, par construction, met en avant ce qui se mesure en colonnes binaires. Or les sujets les plus structurants relèvent souvent de critères qualitatifs qui ne tiennent pas dans une cellule. Notre méthodologie comparateur plateforme agréée détaille comment nous gérons ces angles morts, et ils méritent d’être connus avant signature.
La gestion multi-entités, le verrou silencieux pour les groupes de PME
Sur les 113 plateformes immatriculées, seules 29 proposent le multi-entités natif. Concrètement, cela signifie qu’un groupe avec deux SCI, une holding et une exploitation devra prendre quatre abonnements séparés sur la majorité des plateformes du marché. À 29 € HT/mois par entité, l’addition grimpe vite. Les plateformes qui ferment ce verrou sans surcoût restent une minorité, et elles le facturent souvent dans une formule supérieure type Business ou Pro.
La formule de base affichée à 29 € HT/mois peut basculer à 90 € HT/mois dès qu’on ajoute deux ou trois SIREN au compte. Le coût total annuel d’une PME multi-sociétés peut doubler entre une plateforme native multi-entités et une plateforme qui le facture en option.
La portabilité des données, à vérifier avant la signature, pas après
Le décret du 9 octobre 2025 impose à toutes les plateformes agréées de garantir la réversibilité des données de facturation pendant les dix années réglementaires. Dans les faits, certaines plateformes restituent un export CSV propre avec attestations Factur-X. D’autres facturent l’export, le restituent dans un format propriétaire ou imposent un délai de quatre à six semaines. Ce point bloque rarement à la souscription, il bloque toujours au moment de migrer.
Pour les auto-entrepreneurs et micro-entreprises
Abby reste l’option la plus claire pour les auto-entrepreneurs qui veulent une plateforme agréée simple et conforme 2026. Déclaration URSSAF intégrée, suivi du seuil de franchise TVA, premier paiement à partir de 7,20 € HT/mois.
Créer un compte Abby →Questions fréquentes
Combien de plateformes agréées la DGFiP a-t-elle immatriculées en mai 2026 ?
Le registre officiel publié sur impots.gouv.fr recense 113 plateformes agréées au 3 mai 2026, sur 178 candidates au lancement de la réforme. La liste est mise à jour mensuellement, avec une vingtaine de dossiers complets en attente des tests d’interopérabilité finaux. Le chiffre devrait dépasser 130 d’ici le 1ᵉʳ septembre 2026, date d’entrée en vigueur de l’obligation de réception pour toutes les entreprises assujetties à la TVA. Notre quiz plateforme agréée filtre cette liste selon votre profil en deux minutes.
Une plateforme agréée gratuite suffit-elle pour être conforme à la réforme 2026 ?
Oui, sans réserve. Les six plateformes agréées proposant une formule gratuite illimitée (Tiime, Indy sous 247 K€ HT, Shine, Abby plan Starter, Macompta.fr, Kolecto) couvrent l’intégralité des obligations légales : émission, réception, e-reporting et archivage 10 ans. La gratuité ne dégrade pas la conformité réglementaire. Elle limite simplement le périmètre fonctionnel : pas de multi-utilisateurs, pas de relances automatisées, support en différé. Pour un freelance ou un auto-entrepreneur, c’est largement suffisant. Pour une PME, ça ne tiendra pas six mois.
Le PPF Chorus Pro remplace-t-il une plateforme agréée privée ?
Non. Depuis le 15 octobre 2024, l’État a retiré au Portail Public de Facturation son rôle de plateforme d’émission et de réception des factures B2B. Le PPF conserve uniquement sa mission d’annuaire central (identifier la PA destinataire de chaque SIREN) et de concentrateur de données pour l’e-reporting. Toute entreprise doit donc obligatoirement souscrire à une plateforme agréée privée. Chorus Pro reste le canal historique pour les factures à destination du secteur public (B2G), mais ne couvre pas les flux B2B.
Peut-on changer de plateforme agréée après le 1ᵉʳ septembre 2026 ?
Techniquement oui, à tout moment. Le changement implique trois étapes : exporter les factures et données fiscales depuis l’ancienne plateforme, mettre à jour l’adresse de réception dans l’annuaire central via la nouvelle PA, puis basculer les flux opérationnels. Comptez deux semaines pour un freelance, six à huit semaines pour une PME avec ERP intégré. Le vrai frein n’est pas la procédure mais la réversibilité contractuelle : certaines plateformes facturent l’export ou imposent un préavis de trois mois. Vérifiez ce point avant de signer le contrat initial.
Faut-il choisir la même plateforme agréée que son expert-comptable ?
Pas forcément, mais c’est souvent recommandé. Toutes les plateformes agréées doivent être interopérables entre elles, donc deux PA différentes peuvent communiquer sans ressaisie manuelle. La vraie question est la qualité de l’intégration côté cabinet. Pennylane, Tiime et Cegid ont des connecteurs natifs avec les principaux logiciels d’expertise comptable, et certains cabinets imposent leur outil dans les conditions de mission. Posez la question à votre expert-comptable avant de souscrire, vous éviterez un arbitrage forcé six mois plus tard.