Fulll : avis détaillé, tarifs et alternatives 2026

Derrière ses trois L, Fulll revendique 1 400 cabinets d’expertise comptable équipés et 200 000 entreprises qui transitent par ses outils. Le chiffre impressionne, mais il masque la donnée qui change toute la lecture : Fulll ne se vend pas aux entreprises. Son client, c’est le cabinet. Le dirigeant, lui, hérite de l’outil avec ses honoraires.

Dans le paysage que nous passons au crible dans nos avis sur les plateformes agréées, ce positionnement reste minoritaire. La plupart des acteurs visent l’entreprise en direct. Fulll a choisi l’autre porte : équiper l’expert-comptable, puis laisser le cabinet déployer la facturation électronique sur tout son portefeuille. Depuis son immatriculation par la DGFiP en janvier 2026, la promesse est officielle.

Reste ce que vaut cette promesse une fois le contrat signé. Un tarif que l’éditeur ne publie pas, une infrastructure de plateforme agréée adossée à un tiers, un modèle qui exclut d’office l’indépendant sans cabinet : voilà les trois points qui décident si Fulll mérite votre dossier.

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Repères
  • Statut DGFiP
    Immatriculation définitive (15 janvier 2026)
  • Tarif d’entrée
    135 € HT/utilisateur/mois, facturé au cabinet
  • Cible principale
    Cabinets d’expertise comptable et leurs clients TPE/PME
  • Certification
    ISO 27001, éditeur français basé à Lyon
  • Fulll en 2026 : un logiciel de cabinet devenu plateforme agréée

    Fulll n’est pas né plateforme agréée. C’est d’abord un outil de production comptable et de paie 100 % web, que la réforme a poussé vers le statut réglementaire. Deux points méritent donc vérification : la réalité de l’immatriculation, puis l’identité de celui qui porte la technique.

    Une immatriculation définitive enregistrée le 15 janvier 2026

    Le 14 janvier 2026, la DGFiP a publié la grande vague des immatriculations définitives, à l’issue des tests d’interopérabilité menés avec le Portail Public de Facturation (PPF). Fulll PA-DGFiP définitive y figure avec une inscription enregistrée le 15 janvier 2026. Le statut se vérifie librement sur la liste officielle d’impots.gouv.fr, seule source qui fasse foi.

    La distinction compte, car deux statuts cohabitent sur cette liste. L’immatriculation sous réserve valide seulement le dossier administratif. L’immatriculation définitive, elle, sanctionne la réussite des tests techniques en conditions réelles. Seule la seconde autorise une exploitation sereine des flux au 1ᵉʳ septembre 2026. Fulll a franchi ce cap, comme 137 plateformes recensées en juillet 2026 sur un marché qui s’étoffe chaque mois.

    Un réflexe reste toutefois utile avant signature : consulter la liste du jour plutôt qu’une capture datée. Les statuts évoluent, certains opérateurs montent en définitif, d’autres pourraient sortir du registre lors des renouvellements.

    Generix sous le capot, Fulll au volant

    La marque Fulll est jeune : elle naît le 1ᵉʳ avril 2021 de la fusion de trois éditeurs historiques du logiciel comptable, avec un siège à Lyon et une certification ISO 27001 sur la sécurité de l’information. Vingt ans d’expertise cumulée derrière un nom récent, donc.

    Le vrai différenciant se situe ailleurs, et peu de fiches le signalent. La conformité de plateforme agréée s’appuie sur un partenariat industriel avec Generix, acteur de la dématérialisation depuis plus de vingt-cinq ans, rompu aux flux EDI à très grande échelle. Concrètement, Generix fait circuler les flux normés, tandis que Fulll apporte la couche métier : production comptable, portail client, accompagnement des cabinets.

    Ce montage a deux faces. Côté pile, une infrastructure éprouvée, plus rassurante qu’un moteur développé en urgence pour la réforme. Côté face, une dépendance contractuelle à un tiers que l’utilisateur ne choisit pas. À profil égal, l’arrangement rassure davantage qu’il n’inquiète. Il mérite néanmoins d’être connu avant de signer.

    Facturation électronique : ce que Fulll couvre réellement

    Sur le papier, le périmètre réglementaire est complet. Sur le terrain, la valeur de Fulll tient moins à la conformité brute qu’à deux mécanismes : la continuité avec la comptabilité du cabinet et l’industrialisation du rattachement des clients.

    Émission, réception et e-reporting sans ressaisie

    Fulll prend en charge les trois formats du socle réglementaire : Factur-X, UBL et CII. La plateforme gère l’émission, la réception, le cycle de vie des statuts (envoyée, acceptée, refusée) et l’e-reporting vers l’administration fiscale. Une API et des connecteurs assurent par ailleurs la liaison avec les outils tiers du cabinet.

    L’écart concret face aux solutions isolées se joue sur la ressaisie : les données de facturation alimentent directement la production comptable, sans double saisie entre le dirigeant et le collaborateur. C’est précisément le critère que nous décortiquons dans notre analyse des plateformes agréées avec intégration comptable, où ce couplage natif pèse lourd dans la note finale.

    Le calendrier donne la mesure de l’enjeu. La réception devient obligatoire pour toutes les entreprises au 1ᵉʳ septembre 2026, l’émission s’étendra aux PME et micro-entreprises au 1ᵉʳ septembre 2027. Un cabinet équipé couvre ainsi les deux échéances avec le même outil.

    La préinscription en masse, l’arme des cabinets

    Fulll a intégré un tableau de bord de préinscription connecté aux données des dossiers du cabinet. L’expert-comptable rattache ses clients à la plateforme sans surcoût, en quelques actions groupées. Une fenêtre de suggestion s’affiche ensuite chez le client dès sa connexion suivante.

    Le dispositif va plus loin : invitations ciblées avec modèle d’e-mail ajustable, puis relance automatique des clients silencieux. Pour un cabinet qui gère plusieurs centaines de dossiers, l’écart se mesure en semaines de travail administratif évitées. C’est le genre de mécanique qui transforme la corvée réglementaire en simple campagne interne, à condition de l’activer tôt, avant l’embouteillage de l’été 2026.

    Attention
    Pas de connecteur EDI, et un international en retrait

    Fulll ne propose pas d’EDI natif et ne met pas en avant de réseau transfrontalier type Peppol. Les entreprises avec des chaînes logistiques structurées ou des flux hors de France doivent valider ce point au devis, avant tout engagement.

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    Tarifs Fulll : le prix que l’éditeur ne publie pas

    Officiellement, tout passe par un devis. Aucune grille en euros sur fulll.fr, aucune offre gratuite, aucun essai en libre-service. Officieusement, un chiffre public existe pourtant, et il change la position de négociation de quiconque le connaît.

    135 € par utilisateur : le chiffre que le devis ne dit pas d’avance

    Le modèle repose sur un abonnement par utilisateur avec dossiers illimités pour la mission comptable, complété d’un tarif au bulletin pour la mission sociale. Or, via son partenariat avec le CJEC, le club des jeunes experts-comptables, Fulll affiche un prix public : production comptable à partir de 135 € HT/utilisateur/mois, production sociale à 2 € HT par bulletin, outils de gestion TPE à 5 € HT/mois.

    Les adhérents CJEC bénéficient en outre d’une première année d’abonnement offerte, puis de 20 % de remise sur les deux suivantes. Autrement dit, la marge de manœuvre commerciale existe, et elle est documentée.

    Bon à savoir
    Un repère de négociation que les comparatifs ignorent

    La quasi-totalité des fiches sur Fulll s’arrêtent à « tarification opaque, sur devis ». Le barème publié côté CJEC fournit pourtant un point d’ancrage chiffré pour discuter le devis d’un cabinet standard.

    Le coût total d’usage côté dirigeant

    Le dirigeant d’entreprise, lui, ne verse rien en direct à Fulll. Le cabinet garde la maîtrise de la tarification client et répercute l’outil dans ses honoraires. Le vrai sujet devient donc le coût total d’usage de la mission comptable, pas la ligne logiciel isolée.

    L’abonnement du cabinet inclut les mises à jour réglementaires, l’hébergement, les sauvegardes, l’assistance, des formations certifiées Qualiopi et un budget de reprise des données. Ce périmètre tout compris limite les mauvaises surprises, mais il prive aussi le dirigeant de tout pouvoir de négociation individuel. Ceux qui veulent une ligne facturation à zéro euro compareront plutôt les plateformes agréées gratuites, pensées pour un usage autonome.

    Pour qui Fulll fait la différence (et pour qui c’est une impasse)

    Le modèle de distribution trace une frontière nette. D’un côté, un binôme cabinet-client où l’outil déploie toute sa valeur. De l’autre, des profils entiers pour lesquels la porte reste simplement fermée.

    Le binôme cabinet-client, seul terrain de jeu

    Avec 1 400 cabinets équipés et 200 000 entreprises connectées, Fulll a la taille d’un acteur installé de la profession comptable. Le portail collaboratif fait travailler cabinet et client sur les mêmes données en temps réel, tandis que l’application mobile couvre le dirigeant en déplacement.

    Les retours de cabinets utilisateurs évoquent une prise en main côté client d’environ une heure, y compris pour des profils sans culture comptable. Pour une PME structurée dont le cabinet est déjà équipé, la bascule vers la facturation électronique devient quasi transparente. C’est d’ailleurs sur ce segment que la solution soutient le mieux la comparaison avec les acteurs que nous analysons parmi les plateformes agréées pour PME.

    Les profils qui doivent passer leur chemin

    Sans cabinet équipé, impossible de s’abonner : Fulll ne vend pas de licence à l’entreprise finale. L’indépendant qui pilote seul sa facturation ira vers une plateforme en libre-service, et notre avis sur Indy pour la facturation électronique détaille l’option la plus directe de ce segment. À l’autre extrémité, les ETI multi-entités avec des chaînes EDI complexes sortent aussi du cadre.

    Dernier verrou réel : l’évaluation indépendante. Les avis clients vérifiés restent quasi introuvables, et les notes des comparateurs s’étalent de 7,1/10 à 8,8/10 selon les grilles. Cette dispersion en dit long sur la difficulté à juger un outil que seul le cabinet manipule au quotidien. Notre grille de lecture est détaillée dans la page qui explique comment nous testons et évaluons les plateformes agréées.

    Face à un Pennylane qui joue sur les deux tableaux, cabinet et entreprise, et à un Indy taillé pour l’autonomie, le match se résume au canal de décision : qui choisit l’outil, et qui le paie.

    Fulll
    135 €
    / utilisateur / mois HT, côté cabinet
    Le choix du cabinet, transparent pour ses clients TPE/PME.
    Pennylane
    29 €
    / mois HT
    Le pont entre dirigeant et expert-comptable, choisi par l’un ou l’autre.
    Indy
    0 €
    / mois, formule d’entrée
    L’autonomie totale pour l’indépendant sans cabinet.

    La lecture du trio est simple : Fulll gagne quand le cabinet décide, perd dès que l’entreprise veut choisir elle-même.

    Points forts
    • Immatriculation DGFiP définitive depuis le 15 janvier 2026
    • Liaison native entre facturation et production comptable, zéro ressaisie
    • Préinscription en masse des portefeuilles clients, avec relances automatiques
    • Formations Qualiopi, reprise de données et assistance incluses dans l’abonnement
    Limites
    • Aucun abonnement possible sans cabinet équipé
    • Tarif officiel sur devis, sans grille publiée par l’éditeur
    • Infrastructure de plateforme agréée portée par un tiers (Generix)
    • Pas d’EDI natif ni d’ouverture internationale mise en avant
    Notre verdict

    Fulll est le choix du cabinet, pas celui du dirigeant qui veut garder la main.

    Si votre expert-comptable travaille déjà sur Fulll, laissez-le piloter : la conformité 2026 sera couverte sans effort de votre côté. Si vous choisissez vous-même votre plateforme, ou si le cabinet doit encore s’équiper, Pennylane offre le meilleur compromis : conforme DGFiP, adopté côté cabinets, et pilotable en direct par le dirigeant dès 29 € HT/mois.

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    Questions fréquentes

    Fulll propose-t-elle un essai gratuit ?

    Non, pas en libre-service. Le parcours passe par une démonstration personnalisée avec l’équipe commerciale, puis un devis détaillé à retourner signé. La formation des équipes et la reprise des données historiques démarrent ensuite en parallèle. Ce circuit s’adresse aux cabinets, avec un délai de déploiement qui varie selon la taille de la structure et le niveau de formation des collaborateurs.

    Fulll prend-elle en charge Chorus Pro et les marchés publics ?

    La prise en charge du circuit B2G via Chorus Pro n’est pas confirmée publiquement par l’éditeur. Or les factures à destination du secteur public suivent un canal distinct du flux B2B des plateformes agréées. Une entreprise qui facture des collectivités ou l’État doit donc poser la question noir sur blanc au moment du devis, et exiger une réponse écrite.

    Que devient la facturation si le cabinet change de logiciel ?

    Les factures restent soumises à une obligation de conservation de 10 ans, quel que soit l’outil. En cas de départ, le cabinet demande un export complet des données et des archives, puis rattache ses clients à la nouvelle plateforme via l’annuaire. Fulll prévoit un budget de reprise des données à l’entrée ; la réversibilité à la sortie se négocie, elle, dans le contrat initial.

    À quoi sert l’application mobile Fulll ?

    Disponible sur iOS et Android, elle équipe le client du cabinet, pas le collaborateur comptable. Le dirigeant y transmet ses pièces justificatives, suit sa trésorerie, émet et surveille ses factures en déplacement. L’outil de production comptable reste réservé au cabinet sur l’interface web. Cette séparation des rôles structure toute l’expérience Fulll : chacun voit ce qui le concerne, rien de plus.

    Combien de temps l’immatriculation DGFiP reste-t-elle valable ?

    L’immatriculation d’une plateforme agréée est délivrée pour trois ans renouvelables, avec des conditions d’audit régulier. Un statut acquis en 2026 devra donc être reconduit vers 2029. Avant toute signature, le réflexe consiste à vérifier la présence de l’opérateur sur la liste officielle d’impots.gouv.fr à la date du jour, plutôt que de se fier à un logo affiché sur le site de l’éditeur.