Cent mille solopreneurs utilisent Solo pour facturer, déclarer leur chiffre d’affaires et suivre leur trésorerie. En 2024, 383 millions d’euros de factures ont transité par la plateforme. Derrière ces volumes, une bascule récente change la donne : depuis le 16 février 2026, Solo figure sur la liste officielle des plateformes agréées de la DGFiP.
Le timing n’a rien d’anodin. Au 1ᵉʳ septembre 2026, toutes les entreprises devront pouvoir recevoir leurs factures via une plateforme agréée, micro-entrepreneurs compris. Solo débarque donc sur un marché de plus de 130 plateformes immatriculées, que nous passons au crible dans notre bibliothèque d’avis plateforme agréée.
Reste une question que les fiches promotionnelles évacuent : cette immatriculation toute fraîche, encore en attente de son rapport d’audit, suffit-elle pour confier sa conformité à Solo ? La réponse dépend moins de l’outil que de votre trajectoire. Tant que l’activité reste au régime micro, Solo tient la route. Dès qu’elle en sort, l’outil ne suit pas.
La PA gratuite la plus utilisée par les freelances
Vous lisez l’avis de Solo. À conditions équivalentes, voici ce que nous recommandons : comptabilité, facturation électronique et déclaration TVA, immatriculée sur la liste DGFiP et prête pour 2026.
- Gratuit jusqu’à 12 K€ HT/an
- Conforme Factur-X et flux PPF
- Migration assistée vers PA
Solo en 2026 : l’outil de Portail Auto-Entrepreneur devenu plateforme agréée
Solo n’est pas un nouvel entrant opportuniste arrivé avec la réforme. C’est le prolongement logiciel d’un acteur installé du régime micro, qui a converti son audience en base d’utilisateurs. Cette généalogie explique à la fois ses forces et son plafond de verre.
Un éditeur adossé à treize ans de régime micro
Derrière Solo, on trouve Betao, l’éditeur historique du site Portail Auto-Entrepreneur. La maison revendique plus de 500 000 auto-entrepreneurs accompagnés à la création en treize ans d’existence. Ce n’est donc pas un éditeur comptable qui découvre la micro-entreprise : c’est un spécialiste du statut qui a fini par construire son propre logiciel de gestion.
Les volumes suivent. 100 000 solopreneurs sont membres de la plateforme, et 383 M€ de factures y ont été suivis sur la seule année 2024. À l’échelle du marché micro, c’est significatif. Cette spécialisation se ressent partout : mentions légales pré-paramétrées selon le type de prestation, vocabulaire sans jargon comptable, parcours pensés pour des non-comptables.
Le revers existe pourtant. Un éditeur mono-niche vit et meurt avec son segment. Solo assume de ne servir que le régime micro, là où des concurrents généralistes couvrent toute la trajectoire d’une activité. Le vrai différenciant est aussi la vraie limite.
Une immatriculation DGFiP récente, encore sous surveillance
Solo PA-DGFiP · 16 février 2026 figure sur la liste officielle des plateformes agréées publiée sur impots.gouv.fr. L’immatriculation vaut pour trois ans renouvelables. C’est un cap réel : l’administration a validé le dossier, les pièces et la capacité à émettre, recevoir et transmettre des factures conformes.
Toutefois, une nuance mérite d’être posée, car les pages commerciales l’omettent systématiquement. La procédure comporte deux étapes : une immatriculation d’abord accordée sur dossier, puis une validation définitive conditionnée aux tests d’interopérabilité et au rapport d’audit de conformité. Pour Solo, ce rapport était encore attendu à la date de notre analyse. Autrement dit, la plateforme est bien immatriculée, mais son parcours réglementaire n’est pas totalement soldé.
La liste DGFiP sur impots.gouv.fr indique pour chaque plateforme sa raison sociale, sa date d’immatriculation et son statut. C’est la seule source qui fait foi, pas la page d’accueil d’un éditeur.
Facturation, URSSAF, TVA : ce que Solo couvre réellement
Le périmètre fonctionnel de Solo se lit comme la journée type d’un micro-entrepreneur : facturer, encaisser, déclarer, surveiller les seuils. Rien de plus, et c’est délibéré. Voici ce qui pèse réellement à l’usage, et ce qui manque.
Facturation et devis calibrés pour le régime micro
La création de facture suit un parcours guidé où les mentions légales sont pré-remplies selon le type de prestation et le lieu de la vente. Pour un primo-entrepreneur, c’est l’erreur de conformité la plus fréquente qui disparaît d’office. La conversion d’un devis en facture se fait en un clic, la personnalisation graphique couvre logo et informations d’entreprise.
Côté réforme, l’onglet Achats réceptionne et archive les factures électroniques entrantes en illimité, dès l’offre gratuite. La relance d’impayé s’effectue en un clic et un lien de paiement en ligne accélère l’encaissement. En revanche, la facturation récurrente automatisée et la signature électronique ne font pas partie du périmètre : à volume égal, un consultant avec des abonnements mensuels le sentira passer.
Déclaration URSSAF connectée et suivi des seuils de TVA
C’est la fonctionnalité signature. Solo communique directement avec l’URSSAF les montants facturés, ce qui élimine la double saisie et les erreurs de report à chaque échéance mensuelle ou trimestrielle. Le livre des recettes, obligatoire au régime micro, se met à jour automatiquement via la synchronisation bancaire. Point notable : aucun compte pro maison n’est imposé, vous connectez la banque de votre choix.
Solo rattache le logiciel à votre compte URSSAF via ce simple identifiant, puis présente le chiffre d’affaires prêt à déclarer. Le suivi des seuils de chiffre d’affaires et de franchise en base de TVA tourne en temps réel derrière.
Ce suivi des seuils change concrètement la vie à l’approche du plafond de franchise. L’outil alerte avant le dépassement, ajoute les mentions TVA sur les documents et, sur les offres supérieures, assiste la déclaration. Un micro-entrepreneur qui bascule redevable en cours d’année évite ainsi la sortie de route classique : facturer sans TVA alors qu’il aurait dû.
Ce qui manque : mono-SIRET, pas d’API, pas de vraie comptabilité
Les limites structurelles sont nettes. Solo est mono-utilisateur et mono-SIRET : aucune gestion d’équipe, aucune seconde activité dans le même compte. Il n’existe pas d’API publique pour brancher des outils tiers, pas de module métier BTP avec situations de travaux, pas de multi-devises, et le périmètre s’arrête à la France.
Surtout, Solo n’est pas un logiciel de comptabilité. Pas de comptabilité d’engagement BIC/BNC au réel, pas de grand livre, pas d’états financiers, pas d’export comptable standardisé. Si votre activité évolue vers une EI au réel ou une société, il faudra changer d’outil, migrer l’historique et re-désigner une plateforme. Notre avis Pennylane sur la facturation électronique détaille ce que couvre une plateforme pensée pour les structures qui grandissent.
Le trade-off se résume simplement : Solo échange la profondeur contre la simplicité. À profil micro stable, l’échange est gagnant. À profil évolutif, il se paiera en migration.
Si la structure compte plus de 5 salariés ou si un cabinet comptable est dans la boucle : Pennylane sort largement du lot.
Tarifs Solo : de l’offre Start gratuite au Premium à 34,90 €
La grille compte quatre formules, toutes en HT et sans engagement, résiliables depuis l’espace client. Les offres payantes s’essaient 30 jours sans carte bancaire. Le découpage suit la montée en charge d’une activité, ce qui rend la lecture du coût réel plus intéressante que le prix affiché.
Quatre formules, une vraie porte d’entrée gratuite
Start, à 0 €, couvre la désignation de Solo comme plateforme agréée, la réception illimitée des factures électroniques, la création de devis et la déclaration URSSAF. Go, à 12 € HT/mois, débloque l’émission de factures illimitées et personnalisables, les acomptes, le paiement en ligne, la connexion bancaire et le suivi des seuils.
Au-dessus, Pro à 19,90 € HT/mois ajoute la gestion de la TVA et l’assistance à sa déclaration. Premium à 34,90 € HT/mois reprend exactement les fonctions de Pro et y greffe l’accompagnement humain illimité : conseillers experts du statut joignables par téléphone et e-mail. Vous payez 15 € de plus pour de l’humain, pas pour du logiciel.
L’offre Start gratuite suffit pour l’obligation de réception qui s’applique à toutes les entreprises. L’émission ne devient obligatoire pour les micro-entreprises qu’au 1ᵉʳ septembre 2027.
Le coût réel selon votre situation fiscale
La bonne formule dépend d’une seule variable : votre rapport à la TVA. En franchise en base, Go suffit largement, soit 144 € HT par an pour facturer proprement et déclarer sans erreur. Une fois redevable de la TVA, Pro devient le vrai point d’équilibre : la gestion des taux et l’assistance déclarative valent l’écart de 7,90 € mensuels.
Premium se justifie pour les profils qui veulent un filet humain permanent, typiquement en première année d’activité. Par ailleurs, d’autres plateformes jouent la gratuité totale plus loin que Solo : notre panorama des avis plateformes agréées gratuites recense celles qui n’exigent aucun passage en caisse pour émettre. Face aux concurrents directs du segment micro, voici comment Solo se positionne à conditions identiques.
La lecture est claire : Solo gagne sur l’intégration URSSAF native, mais Indy reste devant sur l’étendue de la gratuité et sur la capacité à suivre une activité qui change de statut. Notre avis Indy facturation électronique creuse ce positionnement en détail.
Avis clients et retours d’usage : que vaut Solo au quotidien ?
Les notes publiques placent Solo très haut. Encore faut-il lire ce qu’elles mesurent réellement, et pour quels profils l’expérience tient ses promesses. Nous appliquons ici la même grille que sur toutes les plateformes, décrite dans comment nous testons et évaluons les plateformes agréées.
Un support humain qui écrase la moyenne du marché
Sur Trustpilot, Solo affiche 4,8/5 avec 94 % d’avis à cinq étoiles. Le motif dominant ne concerne pas le logiciel mais les conseillers : rappels téléphoniques en quelques minutes, explications patientes sur la facturation électronique, synthèse envoyée par e-mail après l’appel. Pour un segment où l’angoisse administrative est le premier frein, c’est un avantage concret.
Deux réserves s’imposent néanmoins. D’une part, le volume d’avis reste modeste, autour de 150 à 250 selon les profils, loin des milliers d’évaluations des acteurs installés. D’autre part, Trustpilot précise que l’entreprise ne sollicite pas ses clients, ce qui biaise l’échantillon vers les utilisateurs les plus motivés. La note est excellente, sa base statistique est mince.
Pour qui Solo est le bon choix, pour qui il ne l’est pas
Le profil idéal se dessine sans ambiguïté : auto-entrepreneur en prestation de services, artisan ou commerçant au régime micro, seul à bord, qui facture des clients français et approche éventuellement des seuils de TVA. Pour ce profil, la promesse tout-en-un est tenue. Les avis plateformes agréées freelance montrent d’ailleurs que peu d’outils intègrent aussi bien la mécanique URSSAF.
À l’inverse, passez votre chemin si vous gérez plusieurs SIRET, une équipe, des flux B2B internationaux ou une activité destinée à se structurer en société. De même, les besoins CRM et devis avancés pointent vers des suites plus lourdes : notre avis Sellsy facturation électronique illustre ce que propose l’étage au-dessus. Solo assume d’être un outil de régime, pas un outil de croissance.
- Immatriculation sur la liste officielle DGFiP depuis le 16 février 2026
- Offre Start gratuite couvrant la réception obligatoire de septembre 2026
- Déclaration URSSAF connectée et suivi temps réel des seuils de TVA
- Aucun compte bancaire imposé, connexion de la banque de votre choix
- Support humain plébiscité, adossé à 13 ans d’expertise du régime micro
- Rapport d’audit de conformité DGFiP encore attendu
- Régime micro uniquement : pas de comptabilité BIC/BNC réelle ni de sociétés
- Mono-utilisateur, mono-SIRET, pas d’API publique ni de module BTP
- Accompagnement humain réservé au Premium à 34,90 € HT/mois
Solo est un bon outil de régime micro, Indy reste le compromis le plus large pour un indépendant conforme 2026.
Si vous êtes auto-entrepreneur, seul, sur des clients français, Solo fait le travail avec une intégration URSSAF que peu d’outils égalent. Mais son périmètre s’arrête là où votre activité peut grandir : pas de comptabilité au réel, pas de sociétés, audit DGFiP encore en cours. À conditions équivalentes, Indy offre la gratuité à l’entrée, une immatriculation aboutie et la capacité de suivre un passage en EI ou en société sans changer d’outil.
Tester Indy gratuitement →Questions fréquentes
Comment vérifier que Solo est réellement une plateforme agréée ?
La seule source qui fait foi est la liste officielle publiée par la DGFiP sur impots.gouv.fr. Chaque ligne indique la raison sociale, le numéro d’immatriculation, la date et le statut de la plateforme. Cherchez la raison sociale de l’éditeur plutôt que la marque commerciale, car certaines solutions revendent une plateforme tierce en marque blanche. Solo y figure avec une immatriculation datée du 16 février 2026, valable trois ans renouvelables.
L’offre Start gratuite suffit-elle pour être en règle en septembre 2026 ?
Oui, pour le premier volet. L’obligation du 1ᵉʳ septembre 2026 porte sur la réception des factures électroniques, et Start la couvre en illimité sans frais. L’émission ne devient obligatoire pour les micro-entreprises qu’au 1ᵉʳ septembre 2027 : c’est à ce moment que la bascule vers Go s’imposera si vous facturez des professionnels. L’amende pour défaut d’émission, fixée à 15 € par facture avec un plafond de 15 000 € par an, ne concerne que ce second volet.
Peut-on garder son compte bancaire actuel avec Solo ?
Oui, et c’est un vrai point de différenciation. Solo n’impose aucun compte professionnel maison : vous connectez la banque de votre choix, et la synchronisation alimente le suivi de trésorerie ainsi que le livre des recettes. Les solutions bancaires qui intègrent la facturation fonctionnent à l’inverse, en faisant du compte le produit central. Avec Solo, la banque reste une brique interchangeable de votre organisation.
Que devient Solo si mon activité passe en société ?
Solo ne suit pas ce changement. L’outil est conçu pour le régime micro et n’offre ni comptabilité d’engagement, ni gestion de SASU, EURL ou SARL. Une création de société implique donc de migrer vers une solution adaptée, d’exporter votre historique de facturation et de désigner une nouvelle plateforme agréée pour la structure. Anticiper cette trajectoire dès le choix initial évite une migration sous contrainte en pleine année fiscale.
Peut-on changer de plateforme agréée après avoir désigné Solo ?
Oui, librement et sans justification. La désignation d’une plateforme agréée n’est pas un engagement irréversible : vous pouvez modifier votre choix à tout moment, et les formules Solo sont elles-mêmes sans engagement, résiliables depuis l’espace client. Pensez simplement à récupérer vos archives de factures avant la clôture du compte, puisque l’obligation de conservation des documents court sur dix ans.