Au 4 avril 2026, la DGFiP recense 113 plateformes agréées immatriculées définitivement, mais seule une poignée propose une formule réellement gratuite et conforme à la réforme. Le mot « gratuit » couvre trois réalités très différentes, et certaines ne tiennent pas après six mois d’usage. La plateforme agréée gratuite pérenne existe, à condition de regarder précisément ce qui reste inclus à 0 € et ce qui bascule payant dès qu’on dépasse le périmètre du free tier.
Pour situer cette page dans le contexte des prix du marché, le guide tarifs plateforme agréée détaille l’ensemble des modèles économiques recensés sur la liste officielle. L’enjeu ici est précis : identifier les PA gratuites qui couvrent l’obligation de réception au 1ᵉʳ septembre 2026, et celles qui exposent à un coût caché ou à une bascule forcée. Toute entreprise assujettie à la TVA est concernée, micro-entrepreneurs compris.
Ce guide passe en revue les quatre formules réellement utilisables sans débourser un euro, leurs limites concrètes par profil, et les pièges à éviter quand le gratuit sert d’appât commercial. Les chiffres viennent du portail impots.gouv.fr et des grilles tarifaires publiques mises à jour en mai 2026.
La PA gratuite la plus utilisée par les freelances
Facturation électronique, comptabilité automatisée, déclaration TVA. Statut DGFiP en immatriculation définitive, prêt pour septembre 2026, sans frais cachés sur la conformité.
- Gratuit jusqu’à 12 K€ HT/an
- Conforme Factur-X et flux PPF
- Migration assistée vers PA
Ce que le mot « gratuit » recouvre vraiment pour une plateforme agréée
Sur la liste officielle de la DGFiP, presque toutes les plateformes affichent une mention « offre gratuite ». En pratique, trois modèles cohabitent et ne protègent pas du tout au même niveau. Comprendre lequel s’applique à la formule visée évite de découvrir, en juin 2027, que la conformité dépend d’une option restée gratuite par défaut mais qui ne l’est plus à partir d’un certain seuil.
Le freemium pérenne, le seul vraiment durable
Le freemium pérenne est le seul modèle qui garantit l’accès à 0 € sans date butoir. Quatre acteurs s’y inscrivent clairement : Indy, Tiime, Abby, et l’offre micro de Pennylane. Le périmètre gratuit y est documenté contractuellement, l’émission et la réception de factures électroniques sont incluses sans limite de durée, et l’e-reporting suit automatiquement. La logique commerciale repose sur la monétisation des fonctions adjacentes : comptabilité, banque pro, automatisation avancée, multi-utilisateurs. La conformité réglementaire elle-même reste gratuite, ce qui change tout pour un indépendant qui n’a besoin que de ça.
L’essai gratuit prolongé, qui bascule payant sans prévenir
Plusieurs PA affichent des promesses du type « 2 mois Business offerts » ou « gratuit pendant la phase transitoire ». Ce n’est pas un free tier, c’est un essai prolongé. La date de bascule est inscrite dans les conditions générales, parfois mentionnée en bas de page, rarement dans le tunnel d’inscription. Le risque concret : un freelance ou une TPE qui s’inscrit en janvier 2026 pour anticiper la réforme se retrouve facturé à partir de septembre, exactement au moment où la conformité devient obligatoire et où changer de PA implique de migrer ses archives. Pour cadrer ce point, le détail des offres mixtes est traité dans la page plateforme agréée freemium.
Le faux gratuit du PPF, qui n’émet plus rien
Le Portail Public de Facturation (PPF) reste gratuit, mais il a été réduit à un rôle d’annuaire et de concentrateur d’e-reporting. Il ne sert plus à créer ni à transmettre des factures électroniques. Compter sur le PPF comme « PA gratuite » revient à ne pas être conforme au 1ᵉʳ septembre 2026 sur l’obligation de réception.
L’État a annoncé en 2024 que le PPF se limiterait à des fonctions d’infrastructure : annuaire des destinataires, concentration des données fiscales, supervision. Toutes les opérations d’émission, de réception et de conversion passent désormais par une PA privée immatriculée. Le décret du 9 octobre 2025 a verrouillé cette répartition. Croire que le PPF tient lieu de plateforme gratuite est devenu, depuis cette date, une erreur de conformité directe.
Les PA gratuites immatriculées par la DGFiP en 2026
Quatre plateformes concentrent l’offre gratuite sérieuse pour les indépendants, micro-entrepreneurs et petites structures. Toutes figurent sur la liste officielle de la DGFiP, toutes proposent un free tier qui couvre le socle conforme sans plafond de durée. Les différences se jouent sur le périmètre adjacent (compta, banque pro, déclaration sociale) et sur la cible idéale.
Indy, le free tier le plus large pour les indépendants
Indy propose la formule la plus généreuse pour les freelances, EI et professions libérales. La facturation électronique est gratuite et illimitée, conforme Factur-X et compatible avec les flux PPF. La spécificité forte d’Indy reste le calcul automatique des charges sociales et de la TVA, intégré au logiciel de comptabilité. Pour un BNC ou un BIC qui veut éviter le cabinet comptable, c’est l’écosystème le plus cohérent du marché. La limite naturelle se situe au passage en société structurée : Indy ne gère pas le multi-entités, et la liasse fiscale Société reste réservée aux tiers payants.
Tiime, la PA gratuite combinée à un compte pro
Tiime joue un positionnement particulier : la facturation électronique est gratuite sans engagement, et la plateforme se branche nativement sur un compte pro Tiime, lui aussi gratuit en formule de base. L’argument est solide pour un freelance qui ouvre son activité et veut un seul outil pour facturer, déposer ses encaissements et préparer ses déclarations. Le risque, c’est de se retrouver dépendant d’un écosystème quand l’activité grandit : sortir de Tiime implique de basculer compte bancaire en plus de la PA. À l’inverse, pour qui démarre sans contrainte préexistante, la simplicité du combo reste imbattable à 0 €.
Abby, pensé pour les micro-entrepreneurs et la déclaration URSSAF
Abby cible spécifiquement les auto-entrepreneurs et micro-entreprises. Sa formule freemium combine la facturation conforme Factur-X, la déclaration URSSAF intégrée et le suivi du chiffre d’affaires en temps réel. C’est la seule des quatre à embarquer l’obligation sociale du régime micro directement dans l’outil, via un partenariat URSSAF qui pré-remplit les télédéclarations. Pour un micro-BIC ou micro-BNC qui veut centraliser facturation, déclaration et trésorerie sans empiler trois logiciels, Abby est l’option la plus claire à 0 €.
Pennylane, l’offre gratuite pour les micro-entreprises
Pennylane est connue pour son positionnement haut de gamme côté société et expert-comptable, mais l’éditeur propose aussi une offre gratuite ciblée micro-entreprises. Le périmètre est plus restreint que celui des trois précédents : émission Factur-X, réception, statuts de facture limités à trois (boîte de réception, payé, refusé). Pour un micro-entrepreneur qui anticipe une montée en gamme vers une société, ouvrir un compte Pennylane gratuit reste cohérent : la bascule vers une formule payante structurée se fait sans changer d’outil ni perdre les archives.
| Critère | Indy | Tiime | Abby |
|---|---|---|---|
| Statut DGFiP | Définitive | Définitive | Définitive |
| Émission Factur-X | Illimitée | Illimitée | Illimitée |
| Compta intégrée | Oui | Partielle | Partielle |
| URSSAF intégré | Non | Non | Oui |
| Compte pro inclus | Non | Oui | Non |
| Cible idéale | BNC, EI, libéral | Freelance débutant | Micro-entrepreneur |
Pour une activité en micro-BIC ou micro-BNC, Abby simplifie tout, du devis à la déclaration URSSAF, dans une seule app gratuite.
Ce que le free tier couvre, ce qu’il sacrifie
La question du périmètre est centrale : une PA gratuite conforme tient la conformité réglementaire, mais sacrifie systématiquement les fonctions qui font gagner du temps au quotidien. Connaître précisément la frontière évite la mauvaise surprise du « j’avais cru que c’était inclus ».
Le socle réglementaire, intégralement couvert à 0 €
Les quatre PA citées incluent gratuitement les briques imposées par la réforme : émission Factur-X, UBL et CII, réception des factures fournisseurs, transmission au PPF, e-reporting automatique pour les transactions B2C ou internationales, archivage probant sur dix ans. La conformité à la réforme 2026-2027 est donc complète, sans frais additionnels. C’est précisément ce qui rend ces offres viables pour 80 % des indépendants et TPE qui n’ont besoin que de ça.
Les vrais manques : OCR, relances avancées, multi-utilisateurs
Ce qui n’est pas inclus dans le free tier suit toujours la même grille. L’OCR fournisseurs, qui lit automatiquement les factures reçues et extrait les données pour la compta, reste payant sur Pennylane, Tiime et Abby. Les relances clients automatiques paramétrables sont une option premium dans presque toutes les offres, sauf chez Indy qui les inclut. Le multi-utilisateurs bascule payant dès le deuxième collaborateur. Le support téléphonique direct disparaît au profit d’un chat ou d’un email, parfois traité en 24 ou 48 h. Pour mesurer l’écart financier entre la promesse affichée et l’addition réelle, la page plateforme agréée coût caché détaille les options qui se monétisent à la sortie du free tier.
Le piège du suivi de statuts manuel
La réforme impose quatre statuts par facture transmise : déposée, rejetée, refusée, encaissée. Ces statuts servent ensuite au calcul de la TVA. Certaines offres gratuites livrent un tableau de bord partiel et laissent l’utilisateur compléter à la main les statuts « refusée » ou « encaissée ». Sur un volume de 30 factures par mois, c’est tenable. Au-delà, le temps perdu en saisie manuelle annule l’économie réalisée sur l’abonnement. La mise à jour automatique des statuts est précisément un des leviers commerciaux pour faire basculer le freemium vers le payant.
Le bon réflexe en 2026 n’est pas de chercher la PA la moins chère, mais celle dont le périmètre gratuit couvre vos besoins réels sur les douze prochains mois.
Méthodologie comparateur, mai 2026Quand le gratuit suffit, quand il faut basculer payant
L’arbitrage entre formule gratuite et formule payante se joue rarement sur un seul critère. Trois variables suffisent à trancher : volume mensuel de factures, complexité de l’activité, taille de l’équipe qui touche à la facturation.
Le profil pour qui le gratuit suffit largement
Un indépendant qui émet moins de 30 factures par mois, travaille seul, n’a pas de besoin OCR fournisseurs et accepte un support email, reste pleinement couvert par le free tier. Les profils concrets : freelance en service intellectuel (consulting, dev, design), profession libérale solo (kiné, infirmier, médecin), micro-entrepreneur en commerce de service, agent commercial indépendant. Sur ces cas, Indy ou Abby tiennent la totalité de la chaîne sans surcoût pendant des années, à condition que le volume reste stable.
Les signaux qui imposent une formule payante
Trois signaux disent qu’il faut basculer : un volume qui dépasse 50 factures mensuelles, l’arrivée d’un deuxième utilisateur sur le compte, ou des relances qui prennent plus d’une heure par semaine. À ces seuils, l’économie de temps obtenue par les fonctions premium dépasse mécaniquement le coût d’abonnement. La gamme intermédiaire commence autour de plateforme agréée moins de 9 euros pour les solutions d’entrée de gamme, et grimpe vers plateforme agréée moins de 20 euros sur les profils freelance plus structurés. Au-delà, le passage à une formule société tournée vers la plateforme agréée comptabilité incluse devient logique dès qu’un expert-comptable entre dans la boucle.
Choisir sa PA gratuite sans se faire piéger
Le marché des PA est neuf : moins de 18 mois depuis les premières immatriculations définitives. Les promesses d’aujourd’hui ne tiendront pas toutes en 2027. Trois vérifications éliminent l’essentiel du risque avant signature.
Vérifier l’immatriculation définitive sur impots.gouv.fr
Le statut « immatriculation définitive » est la seule garantie réglementaire. Les statuts « immatriculation sous réserve » ou « en cours » ne suffisent pas pour opérer au 1ᵉʳ septembre 2026. La liste officielle est mise à jour sur impots.gouv.fr et compte 113 PA au dernier relevé. Vérifier directement à la source évite de tomber sur une page commerciale qui affiche une mention floue. La présence sur cette liste vaut autorisation d’émettre, de recevoir et de transmettre les données fiscales à l’administration.
Lire les conditions de bascule payante avant de s’inscrire
La bascule du gratuit vers le payant est précisée dans les CGU, rarement en page d’inscription. Trois points méritent une lecture attentive : le seuil de chiffre d’affaires qui déclenche la bascule (Indy : 12 K€ HT/an sur certaines formules), le seuil de volume mensuel de factures, et la clause de portabilité des données en cas de départ. Une PA qui ne garantit pas l’export complet aux formats CSV et Factur-X rend la migration douloureuse, et c’est précisément un levier de rétention que l’éditeur n’a pas intérêt à mettre en avant. Pour vérifier le profil contractuel d’une offre avant signature, la page plateforme agréée sans engagement recense les solutions qui s’engagent explicitement sur l’absence d’engagement de durée.
Anticiper les hausses de prix post-2026
Le coût d’une PA aujourd’hui ne préjuge pas du prix dans deux ans. Une fois la conformité installée, le changement de PA implique une migration de dix années d’archives. La rétention est mécanique : c’est aussi à ce moment que les éditeurs auront le plus de marge pour faire évoluer leurs grilles tarifaires.
Les éditeurs promettent une stabilité des prix jusqu’à septembre 2026, mais aucun ne s’engage au-delà. Devenir PA a coûté plusieurs centaines de milliers d’euros aux solutions immatriculées (audits techniques, conformité ANSSI, tests d’interopérabilité), et ce coût se répercutera mécaniquement sur les grilles dès que les entreprises seront stabilisées sur leur plateforme. Le pari rationnel reste de choisir une PA dont le free tier laisse une marge de croissance avant la bascule payante, plutôt que de prendre celle qui colle pile au volume actuel.
Anticiper la montée en gamme
Pour une structure qui démarre micro et anticipe une bascule vers la société, Pennylane propose une offre gratuite micro-entreprise qui se prolonge naturellement vers une formule complète, sans migration d’archives ni changement d’outil. Compta, facturation et intégration banque dans un seul environnement.
Démarrer avec Pennylane →Questions fréquentes
Le PPF est-il une plateforme agréée gratuite ?
Non, plus depuis octobre 2024. Le Portail Public de Facturation a été recentré sur des fonctions d’annuaire et de concentration des données fiscales. Il ne permet plus de créer, d’émettre ou de recevoir des factures électroniques. Toutes les opérations passent désormais par une PA privée immatriculée. Compter sur le PPF comme PA d’émission expose à un défaut de conformité au 1ᵉʳ septembre 2026.
Une PA gratuite peut-elle perdre son agrément DGFiP ?
L’agrément est délivré pour trois ans renouvelables et peut être retiré en cas de manquement aux exigences techniques, de sécurité ou d’interopérabilité. C’est rare mais documenté. Si la PA choisie perdait son agrément, l’entreprise devrait basculer vers une autre PA immatriculée et migrer ses archives. Vérifier le statut « immatriculation définitive » sur impots.gouv.fr reste donc une bonne pratique annuelle.
Peut-on émettre toutes ses factures avec une PA gratuite ?
Oui, sur les quatre PA citées (Indy, Tiime, Abby, Pennylane micro), l’émission de factures Factur-X est illimitée en volume. Les limites portent sur les fonctions adjacentes (OCR, relances avancées, multi-utilisateurs), pas sur le volume d’émission. Pour un freelance qui émet 100 factures par mois sans automatisation poussée, le free tier tient.
Que se passe-t-il si la PA gratuite devient payante ?
Les CGU des quatre PA prévoient un préavis avant tout changement de modèle économique, généralement trois à six mois. En pratique, deux scénarios : soit l’éditeur introduit une bascule sur certaines fonctions tout en maintenant un free tier, soit il sort un nouveau tier d’entrée payant et conserve le gratuit existant. Le scénario du free tier supprimé d’un coup est très rare dans le SaaS établi.
Comment migrer depuis un logiciel non-PA vers une PA gratuite ?
La migration suit trois étapes : exporter les données du logiciel actuel aux formats CSV et Factur-X, créer un compte sur la PA cible, importer les fichiers et déclarer la nouvelle PA dans l’annuaire géré par le PPF. La plupart des PA gratuites proposent un assistant de migration et reprennent les coordonnées clients en quelques minutes. Le seul point d’attention concerne l’archivage probant : conserver les fichiers d’archive de l’ancien logiciel pendant les dix ans réglementaires reste obligatoire, même après migration.