Les 36 cas d’usage AFNOR : liste complète et exemples

La norme AFNOR XP Z12-014 ne recense plus 36 cas d’usage de la facturation électronique, mais 45 depuis sa version 1.4 publiée en mai 2026. Le chiffre de 36 reste pourtant celui que tout le monde cite. Il correspond à la toute première version, sortie le 13 juin 2025, avant trois mises à jour successives. Un cas d’usage décrit une situation de facturation qui sort du schéma simple, un vendeur et un acheteur.

Le total exact compte moins que sa répartition réelle. Pour situer ces scénarios dans la réforme, la vue d’ensemble des cas d’usage de la facture électronique pose le cadre général. La plupart des entreprises ne croisent qu’une poignée de ces situations dans leurs flux quotidiens, loin du référentiel complet.

Le bon réflexe consiste à cartographier vos factures, pas à mémoriser 45 fiches techniques. Reste à savoir lesquelles s’appliquent à votre activité, et ce qu’une plateforme doit réellement gérer pour vous.

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De 36 à 45 cas d’usage : ce que recense la norme AFNOR XP Z12-014

Le référentiel a changé quatre fois en moins d’un an. Chaque version trimestrielle a ajouté des scénarios remontés par les groupes de travail sectoriels de la commission. Comprendre cette trajectoire évite de se fier à un chiffre périmé ou à une liste partielle trouvée en ligne.

Pourquoi le chiffre 36 reste la référence du marché

La version 1.0 de la norme, publiée le 13 juin 2025, listait 36 cas d’usage. Elle reprenait les travaux préparatoires menés par la DGFiP, puis poursuivis au sein de la commission de normalisation AFNOR. C’est la première fois que ces scénarios étaient cartographiés dans un document officiel et public.

Ce chiffre est devenu un repère commode. Articles, formations et notes de cabinets ont massivement parlé des « 36 cas d’usage », et l’expression a tenu. Elle reste un bon point d’entrée, mais elle décrit désormais un état figé de juin 2025. La norme XP Z12-014 porte le statut de norme expérimentale, c’est-à-dire un document amené à évoluer au fil des retours du terrain.

Parler de 36 cas en 2026 n’est donc pas faux, mais incomplet. Le socle de juin 2025 couvrait déjà la quasi-totalité des situations identifiées par les secteurs. Les ajouts suivants ont visé des configurations plus rares ou plus internationales.

Le calendrier des versions, de juin 2025 à mai 2026

La commission a publié quatre versions en rythme trimestriel. La version 1.2 du 31 octobre 2025 a ajouté six cas (n° 37 à 42) portant sur des situations sectorielles plus pointues, ce qui a porté le total à 42. La version 1.3 du 26 février 2026 a intégré deux cas supplémentaires, le n° 43 et le n° 44, avec deux sous-cas 43a et 43b.

Le cas 43 organise l’e-reporting pour le B2B international, avec les opérations triangulaires intracommunautaires et les transferts assimilés à des livraisons intracommunautaires. Le cas 44 vise les transactions avec les DROM, COM et TAAF. La version 1.4 de mai 2026 a enfin ajouté le cas 45, une facture bidirectionnelle pour le secteur agricole et le négoce coopératif, qui combine auto-facturation et vente à un même agriculteur.

À partir de novembre 2026, le référentiel bascule en mode maintenance, avec une publication désormais annuelle. Le rythme effréné des premiers trimestres laisse place au fonctionnement classique d’une norme stabilisée.

36
Cas d’usage dans la version 1.0 du 13 juin 2025
42
Total après la version 1.2 du 31 octobre 2025
44
Version 1.3 du 26 février 2026, B2B international et DROM
45
Version 1.4 de mai 2026, facture agricole bidirectionnelle

Trois familles de cas d’usage pour s’y retrouver sans tout lire

L’annexe normative de la norme regroupe les scénarios en trois grandes familles. Raisonner par famille est beaucoup plus efficace que parcourir 45 fiches une à une. Cette grille permet de repérer vite les situations qui touchent votre activité.

À noter
Un même cas peut relever de plusieurs familles à la fois.

L’auto-facturation, par exemple, touche à la fois les données de la facture, l’intervention d’un tiers et le cycle de vie. La répartition sert de boussole de lecture, pas de classement étanche.

Famille 1 : les cas qui touchent aux données de la facture

Cette première famille rassemble les scénarios qui exigent des données additionnelles ou un assouplissement de certaines règles de gestion. On y trouve les factures multi-commandes ou multi-livraisons, les factures d’acompte, l’escompte, la TVA sur la marge ou encore les sous-lignes de facture. Ces situations restent fréquentes dans la distribution, le BTP et l’industrie.

Techniquement, ces cas reposent souvent sur le profil EXTENDED-CTC-FR. Il s’agit d’une extension du standard européen, qui transporte des champs supplémentaires absents du profil de base. La complexité ne vient pas du nombre de cas, mais de la précision des données à renseigner pour chacun.

Repère technique
Deux profils encadrent le format des factures.

Le profil EN 16931 couvre le socle commun conforme à la norme européenne. Le profil EXTENDED-CTC-FR ajoute des blocs de données spécifiques à la réforme française, nommés EXT-FR-FE, pour résoudre les cas les plus riches.

Famille 2 : les cas qui font intervenir un tiers

La deuxième famille concerne les opérations où un acteur s’intercale entre le vendeur et l’acheteur. Cela implique de gérer le partage de la facture et du cycle de vie entre plusieurs intervenants. L’affacturage, les marketplaces, le mandat de facturation, l’auto-facturation et les débours entrent dans cette catégorie.

Le tiers payeur en est un bon exemple. Quand une assurance ou un organisme social règle la facture à la place de l’acheteur, le format structuré identifie un rôle PAYEUR distinct, codé BG-10. La sous-traitance avec paiement direct, traitée au cas 13, et la co-traitance B2B, au cas 14, relèvent aussi de cette logique de tiers.

Ces cas sont structurants car ils déterminent qui émet, qui reçoit et qui suit les statuts. Une erreur de rôle, comme un acheteur et un vendeur inversés, se paie cash en comptabilité.

Famille 3 : les cas qui modifient le cycle de vie

La troisième famille couvre les variations dans le parcours d’une facture, de l’émission à l’encaissement. Le cycle de vie standard égrène plusieurs statuts : déposée, mise à disposition, rejetée, refusée, approuvée, en litige, encaissée. Chaque cas de cette famille décrit une trajectoire alternative à ce parcours nominal.

Le rejet à l’émission survient quand la plateforme bloque une facture non conforme techniquement. Le refus en réception, lui, intervient côté acheteur pour un motif commercial. S’ensuit alors soit un avoir, soit une facture rectificative qui annule et remplace l’originale. Le détail de l’avoir et de la facture rectificative électronique mérite un traitement à part.

Ces statuts sont remontés au Concentrateur de Données du Portail Public de Facturation. Ils servent à préremplir les déclarations de TVA, ce qui rend leur transmission obligatoire pour les principaux d’entre eux.

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Les cas d’usage que rencontrent vraiment les TPE et PME

Au-delà de la liste, quelques scénarios reviennent dans presque toutes les activités. La plupart des TPE et PME ne rencontrent que trois à six cas au quotidien. Identifier les siens transforme un sujet réglementaire abstrait en cahier des charges concret pour choisir un logiciel.

La vraie question n’est pas de savoir combien de cas d’usage existent, mais lesquels traversent vos factures chaque mois.

Méthode de cartographie des flux

La facture standard, l’acompte et l’avoir

Le socle commun couvre déjà l’essentiel pour une activité simple. La facture entre un vendeur et un acheteur identifiés reste le scénario dominant. Viennent ensuite l’acompte et l’avoir, présents dans la quasi-totalité des comptabilités.

L’acompte mobilise les cas 20 et 21, qui décrivent la facture d’acompte puis la facture finale après acompte. La mécanique est précise, car la TVA et le solde doivent rester cohérents entre les deux documents. Le fonctionnement de la facture d’acompte en facturation électronique répond à des règles dédiées qu’il vaut mieux connaître avant la première échéance.

L’avoir relève du cycle de vie. Il intervient après un refus, une erreur ou un retour. Pour une activité de services classique, ces trois situations suffisent souvent à couvrir l’ensemble des flux.

Les frais payés par les collaborateurs

Les notes de frais constituent un point souvent mal compris. Le cas 5 vise les frais payés par un collaborateur avec une facture libellée au nom de l’entreprise. Le cas 6 traite l’inverse, quand la pièce est un simple ticket de caisse ou une facture au nom du salarié.

Le cas 7 couvre les achats réglés avec une carte logée, aussi appelée carte d’achat. Ces scénarios touchent presque toutes les structures, du restaurant d’affaires au péage d’autoroute. Leur traitement conditionne la bonne déduction de la TVA.

Sur ce point, la DGFiP a confirmé lors de la Journée Facture Électronique du 5 mai 2026 que les tolérances fiscales existantes restent en vigueur. La TVA reste déductible sur les notes de frais et les factures papier dans les conditions de droit commun, même après le 1ᵉʳ septembre 2026.

La sous-traitance, l’autoliquidation et le secret professionnel

Certains secteurs cumulent des cas plus spécifiques. Dans le BTP, la sous-traitance avec paiement direct ou délégation de paiement correspond au cas 13. L’autoliquidation de la TVA y est fréquente, et le format structuré doit la signaler correctement.

Les avocats et notaires bénéficient du cas 36 sur le secret professionnel. La description de l’opération est alors logée dans une balise dédiée, la BT-154, accessible au fournisseur et à son client. Cette donnée ne fait pas partie du flux transmis à l’administration, ce qui protège l’identité du client final.

Attention
Un cas d’usage mal traité provoque des rejets et des retards de paiement.

Champs de TVA manquants, statuts obligatoires jamais remontés, rôles acheteur ou vendeur inversés : ces écarts bloquent la facture. Sans analyse préalable de vos flux, ils se découvrent en production, au pire moment.

Émission, réception : ce qu’une plateforme agréée doit couvrir

Une confusion fréquente consiste à croire qu’une plateforme gère tout automatiquement. La réalité est asymétrique entre l’émission et la réception. La distinction change la manière de choisir sa plateforme agréée (PA).

Aucune obligation de couvrir tous les cas en émission

Aucune règle n’impose à une plateforme de couvrir les 45 cas en émission. Chaque opérateur choisit son périmètre fonctionnel sortant, en fonction de sa cible. Une PA orientée freelance ne traitera pas forcément l’affacturage ou la co-traitance complexe.

Un cas d’usage est d’abord une situation métier, pas une fonctionnalité de plateforme. La qualification de l’opération, le choix du niveau de détail des données et les clauses contractuelles restent la responsabilité de l’entreprise. La plateforme intervient sur le format, les contrôles, la sécurité et le transport, pas sur l’interprétation de votre activité.

L’enjeu est donc de vérifier que la PA envisagée prend en charge précisément vos cas, sans saisie manuelle de votre part. C’est ce qui sépare un outil conforme d’un outil réellement adapté.

En réception, toute plateforme doit pouvoir recevoir

La réception suit une logique opposée. Dès le 1ᵉʳ septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir une facture électronique, sans dérogation. Toute PA doit donc être capable de réceptionner une facture conforme, quel que soit son cas d’usage.

Ce routage universel est garanti par l’annuaire central du Portail Public de Facturation. Lors de la Journée Facture Électronique du 5 mai 2026, la DGFiP a indiqué que 84 % des plateformes interrogées comptaient implémenter l’API standardisée définie par la norme XP Z12-013. Ce taux d’adhésion sécurise l’interopérabilité entre opérateurs.

La réforme s’appuie sur les articles 289 bis, 290 et 290 A du Code Général des Impôts, dans le cadre fixé par la directive européenne ViDA. Autrement dit, recevoir est universel et antérieur, émettre dépend de la taille et du périmètre choisi.

Bonne pratique
Cartographier d’abord, choisir l’outil ensuite.

Lister vos cas réels avant de comparer les plateformes inverse la démarche habituelle. Vous passez d’un choix subi à un cahier des charges précis, où chaque cas devient un critère vérifiable.

Comment identifier les cas d’usage qui concernent votre activité

La démarche tient en quelques étapes simples. Elle dédramatise le sujet et donne un critère concret pour choisir un logiciel. Lire 45 fiches sans méthode n’a aucun intérêt pour une entreprise donnée.

Cartographier vos flux avant de lire la norme

Commencez par votre terrain, vos achats et vos ventes du quotidien. Notez les situations qui sortent de la facture client classique : un acompte reçu, une note de frais refacturée, une vente à un client étranger, une opération avec autoliquidation. Cette liste brute est votre point de départ.

Comparez ensuite ces situations à la grille de la norme XP Z12-014, case par case. L’objectif est d’isoler les écarts par rapport à une facture standard, pas de tout cocher. En général, trois à six cas suffisent à couvrir l’intégralité d’une activité de TPE ou PME.

Cette analyse a un double bénéfice. Elle rassure, car la plupart des dirigeants découvrent qu’ils ne sont concernés que par une poignée de cas. Elle transforme aussi un sujet réglementaire abstrait en liste opérationnelle, directement utile pour la suite.

Vérifier la couverture de votre plateforme

Une fois votre liste réduite, l’étape suivante consiste à confronter chaque cas à la plateforme envisagée. Assurez-vous qu’elle gère vos scénarios en émission, sans manipulation manuelle. C’est là que se joue la vraie différence entre deux solutions, pas sur le prix d’appel.

Pour le détail de chaque scénario, la liste exhaustive figure dans la norme AFNOR XP Z12-014 et dans le dossier des spécifications externes B2B publié sur impots.gouv.fr. La norme est téléchargeable gratuitement sur le site de l’AFNOR, en français comme en anglais, avec une annexe A descriptive et une annexe B d’exemples.

Validez enfin la réception en conditions réelles, en participant aux phases de test proposées par votre éditeur. Un cas correctement géré en émission et en réception ferme la boucle de conformité.

Le sujet se ramène donc à une liste courte et vérifiable, propre à votre activité. Reste à choisir un outil qui couvre ces quelques cas sans friction.

Pour aller plus loin
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La plupart des indépendants ne rencontrent que quelques cas : facture standard, acompte, avoir. Indy les couvre avec une plateforme conforme à la réforme 2026, gratuite à l’entrée et adossée à une comptabilité intégrée.

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Questions fréquentes

Le nombre de cas d’usage va-t-il encore changer ?

Le rythme de mise à jour ralentit nettement. Après la version 1.4 de mai 2026, la commission AFNOR bascule en mode maintenance à compter de novembre 2026, avec ensuite une publication annuelle. De nouveaux cas peuvent encore apparaître si des situations inédites remontent du terrain, mais le socle est désormais stabilisé. Le total de 45 reste donc valable, sans exclure un ajout ponctuel à l’avenir. L’important n’est pas le total, mais de suivre les évolutions qui touchent votre secteur précis.

Où trouver la liste officielle des cas d’usage ?

La liste exhaustive figure dans la norme AFNOR XP Z12-014, intitulée « Cas d’usage B2B applicables dans le cadre de la Réforme Facture Électronique en France ». Elle se télécharge gratuitement sur le site de l’AFNOR, en français comme en anglais, accompagnée de son annexe A descriptive et de son annexe B d’exemples. Le même contenu est repris dans le dossier des spécifications externes B2B publié sur impots.gouv.fr, sous la rubrique dédiée à la facturation électronique. Ces deux sources officielles décrivent chaque cas et ses modalités de transmission.

Mon entreprise doit-elle gérer tous les cas d’usage ?

Non, et c’est le point qui rassure le plus. Une entreprise n’est concernée que par les cas correspondant à son activité réelle. La majorité des TPE et PME n’en rencontrent que quelques-uns, le plus souvent la facture standard, l’acompte, l’avoir et parfois l’autoliquidation. La bonne approche consiste à cartographier vos flux d’achats et de ventes, puis à les rapprocher de la norme. Trois à six cas suffisent généralement à couvrir l’ensemble de vos opérations courantes.

Une plateforme agréée gère-t-elle automatiquement mes cas d’usage ?

Pas entièrement. La plateforme assure le format, les contrôles, la sécurité, le transport et le suivi des statuts. La qualification métier d’un cas, comme l’interprétation d’une opération ou le choix du niveau de détail, reste votre responsabilité. Côté émission, aucune plateforme n’est tenue de couvrir tous les cas : vérifiez que la vôtre traite précisément vos scénarios. Côté réception, en revanche, toute plateforme doit pouvoir recevoir une facture conforme, quel que soit le cas, grâce à l’annuaire central.

Quelle différence entre un cas d’usage et l’e-reporting ?

Un cas d’usage décrit un scénario de facturation B2B entre entreprises assujetties, encadré par la norme XP Z12-014. L’e-reporting désigne la transmission à l’administration des données de transactions qui sortent de ce champ, comme les ventes aux particuliers ou les opérations internationales. Les deux logiques se croisent : le cas 43, ajouté en février 2026, organise justement l’e-reporting pour le B2B international. Vos ventes B2C et vos opérations hors de France relèvent de l’e-reporting, pas de la facturation électronique au sens strict.